Canceropole: La chimiothérapie

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La chimiothérapie utilise des médicaments dits cytostatiques pour bloquer la croissance des cellules tumorales. Ils peuvent être prescrits avant une opération dans le but de réduire la taille de la tumeur, la rendre plus facile à opérer et conserver la fonction de l’organe malade (chimiothérapie néoadjuvante ou préopératoire) ou après l’opération pour prévenir les récidives (chimiothérapie adjuvante). Cette thérapie a toutefois un gros inconvénient: elle ne fait pas la différence entre les cellules malades et les saines. Il en résulte un certain nombre d’effets indésirables.

De nouvelles stratégies moins invalidantes pour les patients apparaissent, différentes en terme d’activité et de toxicité par rapport à la chimiothérapie « classique ». Ce sont les THERAPIES CIBLEES, c-à-d. agissant sur une cible tumorale précise.

L’hormonothérapie est le 1er type de thérapie ciblée. Elle utilise les hormones, des molécules naturelles produites par l’organisme, afin de limiter la croissance des tumeurs dites hormonodépendantes ou en favoriser la destruction. Cela concerne surtout certains cancers du sein, de l’utérus ou de la prostate.

Plus récemment, un autre type de traitements s’est développé exploitant les connaissances acquises sur les gènes, leur expression (la transformation de l’ADN en ARN) et leurs produits, les protéines.

Un exemple frappant est représenté par le Glivec® qui a une action très ciblée sur les cellules leucémiques. Il bloque la production d’une enzyme toxique liée à la présence d’un chromosome anormal et diminue ainsi la croissance cancéreuse.

Un autre médicament ciblé se révèle efficace et bien toléré dans le traitement du cancer du sein, l’Herceptine®, qui cible une protéine appelée HER2/neu produite en surabondance. Mais il ne fonctionne pas dans tous les cas de cancer du sein. Dans le cas de métastases, il est efficace pour moins de la moitié des femmes présentant un cancer positif à l’HER2/neu.

D’où la nécessité de déterminer les profils moléculaires (série de gènes et leur expression) du cancer en question. Cette approche « sur mesure » du traitement mènera à des pronostics et des thérapies plus efficaces conçues précisément pour une cible génétique reconnue.

Il est donc essentiel que les patients diagnostiqués d’un cancer aujourd’hui mettent en « banque » des échantillons de leur tumeur en vue d’analyses ultérieures.

Cet aspect démontre la complexité du combat à mener contre la maladie : toutes les cellules cancéreuses ne réagissent pas de la même manière aux traitements. Les cellules malades peuvent être résistantes à certaines substances anticancéreuses mais sensibles à d’autres. L’exemple de l’Herceptine® indique qu’il est illusoire de croire que quelques médicaments rares pourront, dans un avenir proche, apporter une percée décisive. Les médicaments ciblés vont se faire une place, sans pour autant remplacer la chirurgie, radiothérapie et la chimiothérapie. Bien souvent, ils pourront les compléter efficacement.

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